Abstraire… un autre chemin.

« Abstraire (tirer de…) ma apporté un sentiment de libération et de jubilation.
Pour moi l’abstraction a été plutôt une non-figuration à partir d’éléments naturels au début, qui dominent toujours plus intériorisés ensuite ; mais sans perdre la référence à des sensations visuelles.

Entre les deux grands courants qui se sont établis : d’une part les constructivistes qui s’expriment à partir d’éléments nés de leur esprit, d’autre part les peintres lyriques qui laissent libre cours à leurs impulsions vitales ou à leurs effusions poétiques (ajoutons les formes d’expression sensible à partir de la matière elle-même), je cherche un autre chemin.

En souhaitant lier rigueur et poésie, j’éprouve en même temps la nécessité de garder une troisième dimension, d’exprimer une profondeur réelle.

C’est pourquoi à partir des mouvements de la lumière dans l’espace aérien, par des plans colorés successifs géométrisés et par des transparences colorées qui les absorbent, je peins des paysages imaginaires, allusifs.

Ils ouvrent (du moins, je l’espère) des brèches dans les murs, et offrent au « regardeur »
la possibilité de voyager en lui-même, ou (s’il le veut) ailleurs… »


Denise Lioté "Paysagiste des Espaces Inconnus" (Editions L'Oeil du Griffon - 1991)
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Fragment d’espace temps


Lueurs saisies au vol, sitôt apparues, sitôt disparues.
Vibrations venues de loin, comme de près, en nous autour de nous, à l’infini confondues.
Parfois s’accordant en trio, ou bien en duo, l’une par l’autre se prolongeant, pour dessiner
un chemin ondoyant, escortées d’ombres légères.

Fusion magnétique à laquelle donner présence matérielle, en se laissant porter par le flux
et le reflux: l’accompagner en demeurant dans le mouvement imprévisible de la lumière.
Sensation aérienne et indéfinissable d’un univers autre, enveloppant la vie, la traversant,
et l’éclairant peut-être…

Notes d’atelier (Janvier 2001)